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AHUILLE, son histoire à travers le temps
Extrait de : Abbé A. Angot, "Dictionnaire de la Mayenne".

A 10 km de Laval, Ahuillé est une localité qui s’est édifiée entre les deux branches du
ruisseau de Montigné (également appelé ruisseau de la Paillardière), affluent du
Vicoin, à une altitude qui varie de 80 à 90m.
Son territoire s’étale sur 2987 hectares. Il est ombragé, dans sa partie Nord, par la
forêt de Concise qui recouvre un renflement qui culmine à 119 m. Arrosé par un
autre modeste affluent du Vicoin, ce territoire se trouve limité, à l’Ouest, par un
ruisseau qui sort de l’étang de Montjean. Partagé entre 44 métairies vers la fin
du XVII ème siècle, il se composait alors d’un tiers de bois, d’un huitième de landes,
d’un vingtième en étangs, le reste, en terres cultivées ou en prés, produisait de l’avoine,
du seigle et du sarrasin. Vers la fin du XVIII ème siècle, on abandonna peu à peu la
culture du froment, qui devint si rare que le curé de la paroisse, Monsieur de Vauguyon,
se vit dans l’obligation d’acheter cette céréale pour se nourrir car la dîme prélevée
sur le froment ne lui suffisait plus.
Malgré l’étendue des bois, les habitants demandèrent, en 1789, "qu’on oblige les
blanchisseurs et ceux qui se servent de fourneaux, à user de charbon de terre,
afin de faire diminuer le prix du bois, qu’on paie en campagne 2 livres la chartée".
Ahuillé est cité dès 616, sous le nom de
Hiliacus, dans le testament de Saint-Bertrand.
A cette époque, ce n’était qu’un village qui appartenait à un homme noble, Babison.
Celui-ci le vendit à l’évêque qui le donna à la basilique des apôtres Saint-Pierre et Saint- Paul.
H de Ahuillé au XI ème siècle, Ahullé en 1312, Ayhuillé en 1658, Hauillé en 1667, ce nom
d’Ahuillé nous indique une localité d’origine gallo-romaine.
Datant de la fin du XI ème siècle, une charte de l’abbaye de Saint-Vincent mentionne
le nom de Halen de Ahuillé qui fut l’un de ses témoins. Mais, à cette époque reculée,
le nom ne désignait souvent que l’origine du personnage et non un titre seigneurial.
En 1222, Sylvestre des Scépeaux donnait quelques dîmes d’Ahuillé à l’abbaye de Clermont mais là encore, Sylvestre pouvait très bien posséder ces dîmes sans être le seigneur de la paroisse. Ce qui est sûr, c’est qu’Ahuillé eut les barons puis les comtes de Laval comme seigneurs.
Veuve d’André de Laval, Eustache de Beauçay, Dame d’Olivet, s’y fit rendre compte des amendes de Courbeveille et d’Ahuillé.
En 1333, sa petite fille, Jeanne de Laval, devait reporter ses terres à la branche aînée de la maison de Laval et, depuis cette date, les sires de Laval furent seigneurs fondateurs d’Ahuillé. Leur écusson figurait au grand autel de l’église.
Vers 1760, Jean-Bretagne-Charles-Geodefroy de La Trémoille cédait la seigneurie paroissiale, en échange des droits qu’il possédait dans la forêt de Concise, à François Leclerc de la Provôterie. Le Duc de la Trémoille - qui se réservait uniquement le droit de prééminence dans l’église lorsqu’il se trouvait à Ahuillé - déclara que la seigneurie de paroisse relevait de Laval sous la même foi que la Provôterie.
Au cours de son histoire, cette localité fut particulièrement marquée par les guerres de Religions. Dès 1562, elle subit le contrecoup des troubles qui éclataient à Craon, et ses habitants durent aller monter la garde aux portes de Laval. Pillés et rançonnés par les gendarmes de divers partis qui passaient et repassaient dans le bourg, ses habitants se contentèrent d’abord de s’enquérir de leur marche ou de porter des présents à Laval, à Montjean ou à Vitré pour les écarter de leur région. Ils finirent par fortifier leur église de fossés et de murs solides; ils en firent un "fort de guerre" qui fut commandé, de 1589 à 1593, par Chape (ou Chapetembourgt).
Lorsque la guerre cessa, Ahuillé dut lutter contre les assauts de la contagion et on invoqua la Vierge, Saint-Sébastien et Saint-Roch "par des marques d’une dévotion aussi originale que touchante", celle de prénommer des enfants Marie, Roch ou Sébastien.
Dans leurs cahiers de doléances de 1789, les habitants demandaient la suppression totale de la gabelle, "source de désordre, de brigandages et de meurtres", et le dégrèvement de l’élection de Laval, accablée d’impôts disproportionnés; ils voulait également que leur municipalité obtienne le droit de surveiller et de fermer les cabarets clandestins, "où l’on vend à boire encore plus la nuit que le jour, où la jeunesse se corrompt". Ils souhaitaient aussi la suppression des "assemblées", occasions de débauche et de querelle entre les habitants des diverses paroisses qui s’y réunissaient, etc..".
Sous la révolution, ses habitants furent réfractaires aux idées nouvelles. Ils essuyèrent les attaques des gardes nationales de Cossé, Courbeveille et Cosmes. Celles-ci se signalaient déjà, dans la localité, par le pillage et la dévastation le 13 septembre 1792 et les administrations du département durent admonester elles-mêmes toutes ces milices peu dociles.
Dès l’arrivée de "Jambe-d’Argent" dans cette région, en avril 1794, la commune forma un bataillon dont elle confia le commandement à Jamois, dit "Place-Nette". Le poste républicain d’Ahuillé, attaqué par les Chouans le 13 avril 1794, dut se retrancher dans l’église. Poussé par ses hommes, encore indisciplinés, "Jambe-d’Argent" tenta de le déloger de ce sanctuaire mais il y fut lui-même surpris au cours de ce même mois. A la suite d’un combat où plusieurs Chouans perdirent la vie, les officiers municipaux de ce "repaire de Chouans" furent accusés de complicité "sinon directement au moins par insouciance contre révolutionnaire".
L’église vit sa reconstruction en 1863. Dédiée à l’Assomption, elle nous rappelle un usage ancier, celui des sonneurs de bombardes qui venaient encore à la Pentecôte 1629 pour prêter leur concours à la célébration des offices; elle nous signale également la coutume de séparer à l’église les hommes et les femmes; en effet, à la fin du XVIII ème siècle, une des portes était encore désignée sous le nom de "Porte des Femmes". Son inventaire se déroula le 13 mars 1906.
Après une première tentative infructueuse qui eut lieu, le matin, devant environ 700 personnes, les gendarmes pénétrèrent dans l’édifice par effraction; Ils expulsèrent les jeunes gens qui le gardaient et l’inventaire put être consommé sans témoins, pendant que la foule était dehors.
Distinct de celui qui joignait l’église, le "Grand Cimetierre" était encore utilisé en 1777; il renfermait une chapelle. En 1843, dans le cimetierre actuel, on éleva, en souvenir d’une mission, une magnifique colonne en marbre rose de Saint-Berthevin. D’une hauteur de 4,60m, elle est surmontée d’une croix.

Retrouvez le document complet de l’histoire d’Ahuillé:   en cliquant ici 
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